Les chroniques de Martin du Touch

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Les chroniques de Martin du Touch

Message par taraspoutine le Mer 31 Aoû 2011 - 16:47

Ici Martin du touch("Astrabell") nous contes ses aventures!!!

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"Le plus important à warhammer battle c'est pas la chance aux dés  mais ce que l'on en fait"

taraspoutine

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Re: Les chroniques de Martin du Touch

Message par taraspoutine le Mer 31 Aoû 2011 - 16:47

Bonsoir à tous, Nobles Sires !


Oyez, oyez, Bonnes Gens, Nobles Chevaliers et Gentes Damoiselles, oyez la Geste de Castillon que va vous conter Votre Serviteur, Martin du Touch, Troubadour de son état !


Citer:
Dans le magnifique Comté de Catharie, joyau du sud de la Très Sainte Bretonnie, la cité fortifiée de Castillon se dresse au pied des Voûtes, gardant l'entrée des Marches d'Estalie, une zone montagneuse pourvue d'une série d'étroites vallées qui constitue l'un des rares points de passage entre la Bretonnie et la péninsule Estalienne. Les Seigneurs de Castillon se transmettent de génération en génération la lourde tâche de garder la frontière de leur Comté et de leur Royaume, et l'ont toujours honorée sans faillir. La cité a connu maints assauts de la part de répugnantes Waagh ! de Peaux-Vertes, de hardes d'écœurants Hommes-Bêtes ou de belliqueux Nains bourrés de Bugman XXX jusqu'aux yeux prétendant vouloir laver quelque rancune imaginaire; elle n'est jamais tombée et toutes les invasions ont toujours été repoussées avec l'aide de renforts venus de tout le Comté.

En ce beau matin d'été, l'effervescence battait son plein parmi la populace depuis que les Messagers Ailés de Catharie avaient posé leurs Pégases au beau milieu de la cour de la citadelle. Aussitôt, leur Champion, Tarace de Labrande, Champion Pégase et Messager Personnel du Comte de Catharie, demandait à être reçu par le seigneur des lieux : César du Plateau des Mille Vaches, Baron de Castillon et son épouse Dame Agnès, Première Dame de Castillon et Sœur Supérieure des Damoiselles du Graal de Catharie. L'accueil fut chaleureux et Dame Agnès ordonna qu'on prépare un repas en l'honneur de ses hôtes inattendus. Les Chevaliers Pégases salivaient par avance en songeant aux délicieuses lasagnes de Castillon qui avaient acquis une telle réputation en Bretonnie que des Chevaliers venus de tout le Royaume accouraient à chaque tournoi organisé en Catharie.

Mais l'heure était grave : Tarace était porteur d'un ordre du Comte Raymond de Catharie, qui enjoignait à son vassal de lever l'ost sur le champ et de se transporter de toute urgence aux confins des Marches d'Estalie pour porter secours à Saint-Eusèbe Le Pénitent, Seigneur des Marches d'Estalie.

Raymond ne pouvait mener l'ost lui-même, occupé qu'il était à purger les environs de la Cité Maudite de Moussillon - sur la requête du Roi Louen Cœur de Lion - d'une coterie de Vampires qui y sévissait depuis quelque temps. Il avait dû récemment s'employer à occire un ignoble Dragon Zombie, mais son cavalier avait échappé d'extrême justesse à son juste sort par la grâce de quelque sorcellerie maléfique dont ces viles créatures faisaient grand usage. Il avait dû calmer sa frustration en s'en prenant à une colonne entière de Chevaliers Noirs menés par 2 Rois Revenants dont l'un avait eu l'impudence de le défier en combat singulier. Le carpaccio de Revenant qui en résulta, ainsi que le spectacle de la colonne entière de Morts Vivants tombant en poussière suffit à peine à adoucir l'amertume de son échec : ce pleutre de Dragon de Sang lui avait échappé, et tout serait bientôt à recommencer.

Les nouvelles qui lui étaient parvenues d'Estalie étaient des plus inquiétantes. Quelques mois auparavant, une expédition Estalienne de retour de la Terre des Morts, ramenant avec elle des coffres pleins à craquer d'antiques objets en or massif incrustés de pierres précieuses, avait été accueillie en triomphe à Magritte. Mais depuis lors une malédiction semblait s'abattre sur l'Estalie. Les membres de l'expédition commencèrent à mourir l'un après l'autre dans des accidents étranges, ou emportés par de mystérieuses maladies inconnues. Mais le pire n'était pas encore arrivé ...

Quelques semaines plus tard, les côtes d'Estalie furent brusquement assaillies par une gigantesque tempête de sable venu du désert situé de l'autre côté de la mer. L'étrange phénomène prit fin aussi soudainement qu'il était apparu. Lorsque le sable retomba, il démasqua une immense armada de galères arborant des symboles mortuaires sur leurs voiles. Elle vomissait déjà des légions entières de squelettes armés pour le combat et manœuvrant en silence et en ordre parfait. Le Roi des Tombes Immoteph IV venait récupérer son dû ...

Les Estaliens avaient mis à sac une nécropole contenant de nombreuses richesses, au premier rang desquelles figurait un antique artefact contenant un pouvoir d'une puissance inouïe, repris de haute lutte aux Vampires de Lahmia par Alcadizaar en personne lors de sa campagne de reconquête de Nehekhara. Il était dit que quiconque porterait cet anneau ressusciterait instantanément lors de son trépas dans un lieu de son choix. Les Rois des Tombes n'avaient que faire de cet objet maudit, la non-vie leur étant acquise pour l'éternité en raison de la trahison de Nagash. Mais Alcadizaar le confia à Immoteph dans l'espoir qu'il le conserverait éternellement à l'abri du Nécromancien Maudit et de ses larbins de Vampires. Car la capacité à ressusciter qu'il conférait n'était que le moindre de ses pouvoirs. Tout individu doué d'une once de capacité à manipuler les Vents de Magie aurait pu en tirer beaucoup plus. S'il tombait entre de mauvaises mains, la fin du monde serait proche ...

Une grande bataille eût lieu non loin des côtes entre Estaliens et Rois des Tombes, lesquels furent repoussés momentanément, au prix de très lourdes pertes. Tandis que l'armée de squelettes commençait déjà à se reconstituer, les vaillants défenseurs Estaliens se replièrent vers la cité de Pamplemone. Au cours du repli, un détachement d'arrière-garde transportant l'Anneau tomba dans une embuscade tendue par une harde d'Hommes-Bêtes menée par le Seigneur des Bêtes Gor-Muniste qui était célèbre parmi son peuple pour sa forfanterie, défaut qu’il poussait jusqu’à prétendre, auprès de qui voulait bien l’entendre, être monté comme un Minotaure ! « Muniste » dans le langage sommaire des Hommes-Bêtes signifie d’ailleurs littéralement « n’a que la gueule ». Le fanfaron ajouta l'Anneau à sa collection de trophées et jura haut et fort qu'il massacrerait quiconque oserait se mettre en travers de son chemin, lequel devait le mener au faîte de la Gloire ...

L'aura de puissance de cet objet maudit agit comme un fanal pour tous ceux qui étaient capables de percevoir les Vents de Magie, et de tout le Vieux Monde - et au-delà - des factions de tout bord affluèrent vers l'Estalie dans l'espoir de se l'accaparer. Un Seigneur Vampire ne tarda pas à faire son apparition, ainsi qu'une bande de Nains des Voûtes et une expédition Impériale, attisés par leur soif de l'or. Les fiers navires d'Ulthuan firent voile vers l'Estalie, suivis de près par une Arche Noire de leurs sombres cousins qui épiaient le moindre de leurs faits et gestes. Les énigmatiques Slanns de Lustrie sortirent de leur méditation pour téléporter une armée entière en Estalie, grâce au réseau de pierres magiques constellant la planète. Les perturbations des flux magiques engendrées par l'exhumation de l'Anneau maudit furent telles qu'une brèche s'ouvrit dans le frêle tissu de la réalité et un ost démoniaque entier se rua au combat, précédé de peu par une bande de barbares Nordiques fraîchement débarquée de ses Drakkars. L'apparition des Démons suscita la levée d'une armée de zélotes Sigmarites prêts à leur barrer le chemin.
Les Hommes-Bêtes sortaient de leurs tanières tapies au fin fond des forêts d'Estalie, tandis que des hordes de Peaux-Vertes descendaient de leur repères situés dans les Voûtes et que les Hommes-Rats jaillissaient de leurs tunnels creusés sous la terre. Bientôt l'Estalie fût à feu et à sang.

Les factions s'affrontaient entre elles aussi bien que contre les Estaliens, pris au dépourvu et submergés par tant d'ennemis. Mais elles n'avançaient pas au hasard : la moindre manœuvre, la moindre marche forcée, la moindre escarmouche les rapprochaient toujours un peu plus de leur but : l'Anneau que les Sorciers percevaient à des centaines de lieues à la ronde. Les factions convergèrent bientôt vers la forêt où Gor-Muniste avait établi son antre. Mais alors que celui-ci s'était vanté d'être capable de défaire n'importe quel ennemi, il changea subitement d'attitude lorsqu'il apprit le nom du Dynaste menant les Corsaires Elfes Noirs. Paralysé par une terreur indicible à l'idée d'avoir à affronter un adversaire de cette taille, le « vaillant » Gor-Muniste déféqua publiquement sur sa personne et s'enfuit piteusement, l’échine courbée, la queue entre les jambes et l’oreille tombante tel un chien galeux fraîchement rossé à coups d’ombrelle par une grand-mère hémiplégique et atteinte de cataracte de surcroît (circonstance douloureuse dont il avait l’expérience dans sa prime jeunesse mais qu’il avait pris grand soin de cacher à ses congénères). Il laissa ainsi la direction de la harde à son meilleur lieutenant, Yoyo-Gor.

A la tête des quelques membres de sa harde qui lui étaient restés fidèles (en réalité, ceux qui s'étaient fait dessus comme lui-même, et qui se savaient condamnés à brève échéance au sein de la meute ...), il crut trouver son salut en prenant la fuite comme le couard qu'il était, cherchant un passage à travers les Voûtes par les hauts-défilés accessibles en cette saison estivale. Il espérait ainsi trouver refuge dans la Forêt de Bouconne, située en Catharie, de l'autre côté des Voûtes. Le pleutre ignorait que les Elfes Sylvains d'Athel Loren n'ignoraient rien de ses faits et gestes et qu'une armée entière était déjà en position dans la forêt de Bouconne pour l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang, si toutefois il parvenait jusque-là. Leurs éclaireurs étaient déjà à l'œuvre pour trouver des passages sûrs afin que l'ensemble de l'armée franchisse les Voûtes sans que quiconque ne s'en rende compte, dans le but d'occire proprement le froussard et lui reprendre l'Anneau qui devait impérativement être confié à leur Reine Ariel, le seul être au monde à posséder la sagesse nécessaire pour savoir ce qu'il convenait d'en faire.

Les pérégrinations de Gor-Muniste le conduisirent aux portes des Marches d'Estalie, entraînant sans le savoir dans son sillage les différentes factions et attirant à lui d'autres hardes d'Hommes-Bêtes et des bandes de Peaux-vertes dirigées par des Chamans (dont il était maintenant lui-même dépourvu), ainsi que toutes sortes de Nécromanciens à demi-fous et de bandits de grand chemin de tout poil qui semblaient ne pas lui vouloir que du bien ...

Les heurts entre bandes rivales et les pillages répétés de bergeries à l'estive des confins des Marches d'Estalie ne tardèrent pas à attirer l'attention de Saint-Eusèbe le Pénitent qui vivait retiré en ermite dans une Chapelle du Graal, non loin de la frontière Estalienne. Il donna aussitôt l'alarme par l'entremise des Chevaliers Ailés des Monts d'Olmes qui patrouillaient régulièrement dans le secteur et qui portèrent la nouvelle promptement à Pinsaguel, capitale de la Catharie.

Le Seigneur Eusèbe s'était retiré dans cette modeste Chapelle du Graal en signe de pénitence. Bien qu'il ait bu dans le Graal, ses récentes performances martiales, confronté avec les Hommes-Rats, lui avaient valu le titre officieux mais peu flatteur de Seigneur de la Ruine de Catharie. Il avait donc prêté le Serment de Pénitence et s'était retiré du monde, espérant retrouver en ces lieux la grâce qui l'avait touché par le passé.
Le bruit courait qu'il aurait l'intention de racheter ses fautes en menant une expédition vers la lointaine Naggaroth, destinée à débarrasser le monde du sinistre Roi-Sorcier. A cet effet, il s'était lancé dans l'étude de vieux grimoires traitant de ce peuple impie et aurait même récemment entrepris de se confectionner un ost entier de ces Elfes dégénérés en miniature, afin d'étudier leurs tactiques de combat par l'intermédiaire d'un jeu de simulation utilisant des dés. Les rumeurs les plus folles prétendaient même qu'il irait jusqu'à les peindre lui-même pour leur donner l'apparence de véritables Elfes Noirs.
Mais il est peu probable qu'un tel degré de démence puisse affecter un authentique Chevalier du Graal, et toutes ces rumeurs ne sauraient être que billevesées ...



Le temps pressait : la guerre était aux portes de la Catharie, il fallait intervenir d'urgence pour enrayer l'invasion qui se profilait à l'horizon avant qu'il ne fût trop tard. Des renforts avançaient déjà à marche forcée vers Castillon depuis Pinsaguel, menés par un petit contingent de 4 Parfaits de Catharie. Ces Chevaliers du Graal étaient considérés comme des Saints Vivants dans tout le Comté et chacun connaissait leur nom. Dès les premières notes des Grandes Orgues de la Cathédrale de Pinsaguel, jouées par Saint-Matthieu de la Tour Bienpeinte, leur musicien (qui affectionnait par dessus tout jouer de l'orgue), les Barjots de Catharie accoururent en portant bien haut leur Reliquaire et se rangèrent aux côtés des trois autres Saints Vivants en psalmodiant des prières à la Dame du Lac. Saint-Sébastien de Pérignon et Saint-Laurent de Graulhet ne leur adressèrent même pas un regard, tant ils étaient blasés de ce spectacle quasi-quotidien. Mais Saint-Xavier de la Cuiller Boisée, qui venait tout juste d'intégrer les rangs de la Confrérie des Parfaits de Catharie ne cachait pas son étonnement.
La Milice de Pinsaguel, menée par leur célèbre Prévôt Lucas Martin, dit "Lucky l'Arsouille" venait compléter les rangs des renforts.



César eut une grande conversation avec son épouse. Il tenta de la dissuader de l'accompagner dans cette expédition périlleuse, en raison de son état. Mais la douceur de Dame Agnès cachait un caractère inflexible. Toute idée de séparation d'avec son époux lui semblait intolérable, elle qui l'accompagnait toujours sur le champ de bataille. Au surplus, l'ost aurait le plus grand besoin de ses talents de Servante de la Dame du Lac.
Il en serait donc ainsi : le futur héritier de Castillon assisterait aux exploits de son père avant même sa venue au monde ...

César se résigna et fit sonner le rassemblement sur le champ. De tous côtés les unités se formèrent et convergèrent vers la citadelle. Dame Floriane de L'Eclipse, Grande Prêtresse des Communes du Couserans fut la première à répondre à l'appel, portée par son fidèle destrier qui filait comme le vent, nullement gêné par son épais caparaçon.
Des quatre coins de la Baronnie, les Chevaliers quittaient leur fief et se rassemblaient. Les Chevaliers de Castillon formèrent le Fer de Lance autour de Mathieu Cuvevins de la Sœur Divine, Champion de Castillon, précédés par les Cadets de Castillon, toujours pressés d'en découdre. Guillaume du Poignet, Preux Chevalier de Castillon, leur Champion, avait le plus grand mal à les faire manœuvrer dans un semblant d'ordre, tant chacun était empressé de démontrer son talent et sa prestance devant toutes les damoiselles de l'assistance. Les Ecuyers de Castillon les rejoignirent prestement sous la houlette de leur Prévôt : Timothée Gagnerien dit "Le Bolide".

Le rassemblement prenait des allures de fête : les nobles dames et damoiselles étaient toutes à leur balcon, lançant à leur époux ou à leur favori des boucles de leurs cheveux ou des rubans de leur coiffure; les gueux acclamaient les combattants, les gueuses les couvraient de pétales de rose lancés à la volée; la fanfare entamait son répertoire festif et les forains commençaient à faire cuire la saucisse de Catharie sur leurs braseros. Une clameur générale accueillit l'apparition du Baron de Castillon et de son épouse. César était très populaire parmi ses gens, révéré par la gueusaille comme un authentique Saint Vivant - quoiqu'il fût encore en quête du Saint Calice - car il avait coutume de combattre à pied au milieu d'eux et de se montrer à leur égard d'une sollicitude peu commune parmi la noblesse de Bretonnie. Aussitôt les gueux des environs s'agglutinèrent autour de lui. Une bande de bûcherons venue des montagnes du Couserans (la province dont Castillon était la capitale), récemment descendue en ville pour y vendre se cargaison de bois, forma une unité improvisée sous le commandement de leur chef, faisant office de Prévôt : Lionel La Gale, dit "Le Poilu". La Garde de Castillon vint se ranger à leur côté dans un ordre parfait sous les ordres de leur Prévôt, réputé pour sa science de la manœuvre : Thierry Chatard, dit "Prof". Les Archers de Castillon les suivaient de près, sous la houlette de leur Maître-archer : Aurélien Poissard, dit "Double-As".

Toute cette effervescence retomba d'un cran lorsque les Parangons des Marches d'Estalie franchirent le pont-levis de la cité. Un silence relatif, emprunt de respect admiratif, accueillit les Chevaliers de la Quête nombreux dans cette région réputée pour ses fréquentes apparitions de la Dame du Lac (notamment aux alentours d'une certaine grotte, toute proche de la cité de Pesantes). Ils s'étaient rassemblés autour du Champion de la Quête Léonidas de la Roseraie pour répondre à l'appel de César qu'ils tenaient pour leur frère, comme tout Chevalier en Quête du Saint Graal.

Tarace de Labrande offrit d'aller s'enquérir de l'aide des Francs-Archers de Fronton, mais César refusa tout net, prétextant que ce serait une perte de temps. Il donna l'ordre que l'on tire de leur cachot séance tenante les braconniers qui sévissaient dans tout le Couserans, et que sa milice avait interpelés ces derniers temps, puis jetés dans un cul-de-fosse sur l'ordre du Baron, pour y croupir jusqu'à son bon plaisir, en guise d'exemple pour ceux qui seraient tentés de les imiter. De fait, les actes de braconnage s'étaient révélés considérablement moins nombreux depuis lors ...
Il fit porter sa proposition à la connaissance de ces misérables : le servir fidèlement en tant qu'éclaireurs pour racheter leurs fautes et gagner leur liberté, ou être empalés sur le champ en place publique. Etrangement, pas un ne manqua à l'appel ...
Les Braconniers du Couserans vinrent donc compléter l'ost, aux ordres du tireur le plus doué parmi ce gibier de potence : Vincent Labernate, dit "Le Rusé".

« Mais, Monseigneur, de grâce, songez-y à deux fois : ce sont des brigands ! » s'offusqua Tarace. « Tandis que les Francs-Archers sont ... » Il n'acheva pas sa phrase, tant le sourire sarcastique que lui renvoyait César le dissuadait de pousser plus avant ses arguments ...
« Qu'il en soit ainsi, Monseigneur. » se résigna-t-il dans un soupir réprobateur. « C'est votre ost, après tout. » ajouta-t-il.
« Heureux de vous l'entendre dire, mon bon Tarace ! » railla César.

Tarace était l'objet d'un grand respect de la part de la noblesse de Catharie. Il était réputé pour sa grande sagesse, autant que pour ses hauts faits d'armes. Mais, par dessus tout, il jouissait d'une position avantageuse : en tant que Messager Personnel du Comte de Catharie sa parole était celle du Comte en personne. Ce simple Chevalier était donc souvent amené à transmettre des ordres aux plus Hauts Seigneurs de Catharie, et s'y soustraire revenait à offenser le Comte en personne, ce que seul un fou aurait pu envisager. Cependant, lorsqu'un vassal levait un ost pour le compte de son suzerain, la tradition qui valait en Catharie, comme dans le reste du Royaume de Bretonnie, était qu'il en reste le seul maître. Et César n'était pas mécontent d'avoir l'occasion de le rappeler à son hôte, qui allait l'accompagner dans cette campagne ...

« Puis-je vous faire respectueusement observer que nous aurions le plus grand besoin d'un trébuchet, Monseigneur ? » repartit Tarace, quelque peu piqué au vif. « Ces engins sont trop lourds pour être aisément transportés à travers les cols de montagne. Y avez-vous songé ? » observa-t-il malicieusement.
« Ne vous inquiétez pas, Chevalier » répondit César, un petit sourire au coin des lèvres. « Nous en construirons un sur place le moment venu. »
« Mais ça nous prendra une semaine ! » se récria Tarace.
« Pensez-vous ! Une journée, tout au plus ... Je connais l'homme qu'il nous faut pour cela. »
« Vraiment, Monseigneur ? » insista Tarace, avec une lueur dans les yeux qui indiquait qu'il commençait à douter sérieusement de la santé mentale de son interlocuteur.
« Vraiment ! » affirma César sans se départir de son sourire. « Il lui faudra moins de deux jours, assurément. En comptant qu'il peut obtenir de l'aide du "Poilu", lui-même doué dans ce domaine, et de ses bûcherons, je ne doute pas qu'il y parvienne dans la journée. »
« Et peut-on connaître le nom de ce phénomène ? » s'enquit Tarace, ébranlé par l'assurance du Baron.
« Il s'agit du Maître CharpentierMiguel Blanc. Mais tout le monde le surnomme "Le Constructeur Fou". »
« J'ai hâte de le voir à l'œuvre. » concéda Tarace, toujours quelque peu sceptique.
« Cela viendra en son temps, mon bon Tarace. » conclut César, toujours aussi serein.

" Pour l'instant, allons accueillir les renforts qui arrivent de Pinsaguel. Nous partirons demain à l'aube."


Après deux jours de marche forcée à travers les chemins de montagne sinueux des Marches d'Estalie, l'Ost de Castillon parvint enfin à la petite Chapelle du Graal où l'attendait Saint-Eusèbe Le Pénitent, Seigneur des Marches d'Estalie. L’Ost établit son campement à proximité avant que César s’en aille seul présenter son hommage au Seigneur Eusèbe, afin de lui permettre de respecter son Serment de Pénitence qui lui interdisait de se mêler aux autres Chevaliers, comme à un quelconque rassemblement, fût-ce même de gueux.

Les salutations à peine terminées, celui-ci déclara qu'il prendrait la tête de l'expédition. César ne put réprimer une moue de désapprobation gênée. Eusèbe avait rang de Seigneur et avait bu au Saint-Calice, alors que lui-même n’avait que rang de Paladin et était toujours en Quête du Graal; l’usage voulait donc qu’il laissât la conduite de l’ost au Saint Vivant. Cependant, la renommée de Saint-Eusèbe en matière militaire était telle qu’il répugnait visiblement à lui laisser le commandement. Eusèbe s’en tira en offrant à César de porter la Grande Bannière de l’Ost. Un tel honneur ne pouvait en aucun cas être refusé, et César dut accepter à contrecœur, tout en songeant intérieurement que ses déboires avec les Skavens avaient au moins eu le mérite d’enseigner à Eusèbe la ruse et la fourberie, à défaut d’une once de talent dans l’art de mener une armée.

De fait, au fond de lui-même, le Baron de Castillon n’était pas réellement inquiet. Il savait que ses gueux lui obéiraient au doigt et à l’œil, au moins autant – si ce n’est plus – qu’au Seigneur Eusèbe. Et l’on pouvait faire confiance aux Chevaliers pour qu’ils sachent d’eux-mêmes ce qu’il convenait de faire sans attendre les ordres du Pénitent, lequel se tiendrait éloigné d’eux, étant lié par son serment. Pour s’en assurer il laissa Saint-Eusèbe se retirer en sa chapelle pour prier la Dame du Lac, avant de convoquer un conseil de guerre officieux. Dame Agnès convia tous les Chevaliers commandant une unité à se restaurer sous sa tente et César put à loisir distribuer ses ordres à chacun d’entre eux. Déjà les Ecuyers de Castillon et les Braconniers du Couserans étaient partis s’assurer de la sécurité des cols que l’ost devait franchir le lendemain.
Si César ne pouvait s’opposer au fait que Saint-Eusèbe commanderait officiellement l’Ost, il entendait tout de même fermement ne pas le laisser devenir Seigneur de la Ruine de Castillon …

La première étape de la toute nouvelle Ost des Marches d’Estalie aux ordres (théoriques) de Saint-Eusèbe le Pénitent, Seigneur des Marches d’Estalie consista à franchir le Col de la Chaise tout proche pour pénétrer dans la Principauté de la Dent d’Or afin de faire halte aux portes de la petite capitale de Dent d’Or La Neuve. C’était l’occasion - que les Chevaliers de Catharie ne manquaient jamais - d’y faire quelques emplettes. Les marchands Dendoriens étaient réputés dans toute la Bretonnie et l’Estalie pour les prix particulièrement attractifs qu’ils pratiquaient, autant que pour l’abondance et la qualité de leurs marchandises à la provenance plus que douteuse, ce dont leurs très nombreux clients ne semblaient toutefois guère se soucier …

L’ost fut abondamment ravitaillé et équipé en armes et armures en acier de Tolèbe (réputé le meilleur du Vieux Monde), comme en multiples tonneaux de Bugman XXX et futs de Vin de Bordeleaux, et en véritable montagne de charcuterie Brionnaise et de tapasses Estaliennes. Ainsi parée pour la guerre, l’armée Catharienne reprit son chemin qui devait le mener jusque devant les murs de la cité de Pamplemone, en Estalie. Dame Agnès et Dame Floriane avaient en effet perçu que l'Anneau s'éloignait d'eux. Il semblait donc que Gor-Muniste ait renoncé à franchir les Voûtes et s'en soit retourné dans sa forêt natale. Une volte-face de plus qui n'était guère étonnante de la part de ce personnage pusillanime. Mais qui sait ? Sa capacité à impressionner ses contemporains par la seule force de ses vantardises le rendait capable de rallier une nouvelle harde à ses ordres. Qui pouvait dire si on n'entendrait plus jamais parler de la Harde de Gor-Muniste ?

Au demeurant, nul ne savait ce qui les attendait en Estalie. Nul n’aurait pu dire à quels périls ils auraient à faire face, quelles vicissitudes ils auraient à subir, quels ennemis ils auraient à affronter. Les Cathariens n’avaient qu’une seule certitude, laquelle se lisait sur leurs visages déterminés, du plus humble roturier au plus noble des Chevaliers : Catharie vaincra ! Comme toujours …



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